« Cosi fan tutte », contentissimi!

Avec Emmanuelle Haïm à la baguette, Laurent Pelly à la mise en scène, c’est un « Cosi fan tutte » prometteur qui s’annonçait au théâtre de Caen. L’intérêt était de surcroît aiguisé par la présence sur scène de l’enfant du pays, le ténor Cyrille Dubois. Le résultat a dépassé l’attente. L’opéra de Mozart a été servi par un orchestre, le Concert d’Astrée, au mieux de sa forme, une équipe de chanteuses et chanteurs au diapason. Le tout dans une scénographie judicieuse.

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« Le Lac… », grand Cygne et mauvais signe

Version Angelin Preljocaj, « Le Lac des cygnes » tient de l’exploit. Ou comment le chorégraphe réinvente « l’Everest », comme il l’appelle, de Tchaïkovski. Et ce, sans se départir d’un hommage à Marius Petipa, auquel le ballet doit son premier grand succès (1895). Certes, le conte fantastique initial se transmue en fable écologique prégnante. Certes, quelques libertés sont prises avec la partition originale. Pour autant, Preljocaj s’inscrit bien dans une lignée romantique, celle d’une face sombre, exacerbée. Qualité des images, des costumes, des lumières et interprétation de haut niveau, tout concourt à un spectacle exceptionnel. Salué comme tel à la première représentation. C’est au théâtre de Caen jusqu’à dimanche.

(Crédit: Jean-Claude Carbone)

 

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« Le Voyage de Gulliver », preuve par l’œuf

 

Du « Voyage de Gulliver », le célèbre conte de Jonathan Swift (1726), Valérie Lesort et Christian Hecq tirent une adaptation inventive et pleine de fantaisie. Le message n’en est pas pour autant édulcoré qui dénonce l’absurdité de la guerre, la déraison de ses motifs et, au bout du compte, la soif du pouvoir. L’actualité lui donne une singulière résonnance sous le masque du rire. C’est au théâtre de Caen, jusqu’à dimanche.

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Vous reprendrez bien un peu de Mozart ?

 

En ces temps largement perturbés par un vent mauvais soufflant de l’Est, la soirée proposée au théâtre de Caen a offert comme une bulle de félicité. Avec Mozart au programme, Julien Chauvin et son Concert de la Loge ont interprété des pages parmi les plus significatives du génial compositeur. Toutes, immédiatement identifiables, représentaient au final sa large palette d’écriture : Airs d’opéra, mouvements de symphonie et de concerto. Et à travers eux, sa capacité à exprimer tout un spectre de sentiments, de dramaturgies. La mezzo Adèle Charvet y a contribué magnifiquement. « Simply Mozart », titrait la soirée. Mozart, tout simplement.

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Un capital, des capitaux

Ballet chanté ou cantate dansée _  au choix _, « Les Sept Péchés capitaux » est l’ultime œuvre associant Bertold Brecht et Kurt Weill. Ce texte d’exil, écrit l’année sombre de l’accession d’Hitler au pouvoir, dénonce les dérives d’un capitalisme débridé et d’une religion aveuglée par l’hypocrisie. Le metteur en scène Jacques Osinski et Benjamin Lévy à la tête de l’Orchestre régional de Normandie réveillent ce livret aussi bref que caustique et sa partition joyeusement persifleuse.

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« La seconde surprise », amour, amitié…

Comédie de Marivaux, « La Seconde Surprise de l’amour » fait partie de ces bijoux d’écriture s’infiltrant dans le labyrinthe des sentiments. Elle implique une expression subtile. Remarquable directeur d’actrices et d’acteurs, Alain Françon confirme. L’ancien patron de La Colline réunit dans la nouvelle production de sa compagnie, le Théâtre des nuages de neige,  une équipe d’interprètes plus que convaincante. C’est au théâtre de Caen, jusqu’à samedi.

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L’excellence des Dissonances

Gros effectif, grand concert. Avec un programme russe à souhait _ Prokofiev (1891-1953) et Chostakovitch (1906-1975) _, le violoniste David Grimal et l’orchestre des Dissonances ont fait briller de mille feux les partitions des deux compositeurs, au théâtre de Caen. Leurs interprétations, respectivement des concertos n°1 et n°2 du premier et de la Symphonie n°9 du second, ont été saluées par des tonnerres d’applaudissements. La contrainte des masques s’est fait oublier. Le  bonheur était total, tant du côté de la scène que de celui de la salle. Il marquait des retrouvailles avec une musique en direct.

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« Le conte des contes » : l’antidote

Pour fêter ses trente ans, le Théâtre Malandro d’Omar Porras a sorti le grand jeu. Son adaptation de « Lo Cunto de li cunti », connu aussi sous le nom du « Pentamerone », entraîne dans un tourbillon de drôlerie et de frissons. Cette compilation de légendes, fables et historiettes réunies par Giambattista Basile est parue au début du XVIIe siècle napolitain. Elle inspirera Charles Perrault, les frères Grimm et bien d’autres. À leur suite, Omar Porras s’y inscrit dans une lignée théâtrale anti-morosité pleinement réussie. C’était au théâtre de Caen.

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Molière-Charpentier, le mariage tardif

2022 est l’année du 400 e anniversaire de la naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. On sait combien l’auteur des « Femmes savantes » a travaillé avec le compositeur Jean-Baptiste Lully. Leur collaboration a donné de fort célèbres comédies-ballets. Mais le duo « JB et JB » a tourné à la fâcherie. Molière s’est tourné vers le jeune Marc-Antoine Charpentier. De ce concours, interrompu par la mort brutale du dramaturge, il demeure de délicieuses partitions. Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances les font revivre au fil d’un concert séduisant de musiques de scène, accueilli au théâtre de Caen.

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Le jardin des cordes des Cambini-Paris

Les Cambini-Paris ont retrouvé leur route 68, celle de l’intégrale des quatuors de Joseph Haydn. Restés en panne pour cause de pandémie, Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, Pierre-Éric Nimylowycz et Atsushi Sakaï ont dû suspendre leur parcours. Après une reprise à la fin de la saison dernière, ils en arrivent à leur treizième étape avec la clé un public de supporters. Ils ont fait grimper à son maximum la jauge des foyers du théâtre de Caen. Et le bonus est venu de Didier Wirth. Le président de l’Institut européen des jardins et paysages et aussi propriétaire du château de Brécy, dans le Bessin, est venu parler de sa passion. On y trouve des analogies avec la musique.

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