« Nouvelles pièces courtes », sketches of Japan

 

 

 

Avec ses « Nouvelles pièces courtes », Philippe Decouflé offre, avec sa compagnie DCA, un florilège de son savoir-faire : ce mélange de drôlerie et d’inventivité, de trompe-l’œil et de poésie. Sur des musiques toniques, les sept interprètes, excellents, se succèdent au fil de scènes où à la danse se mêlent le chant, l’acrobatie et le mime. La formule des sketches permet à tout un chacun d’y piocher ses petits bonheurs.

 

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Photo Laurent Philippe.

Faire des pieds et des mains, façon chorégraphique, Philippe Decouflé connaît la chanson. En duo, trio, autour d’un piano, danseuse et danseurs ouvrent des variations élégantes, où même un embonpoint assumé se joue de la pesanteur. Julien Ferranti est cet interprète enrobé, qui tient de la silhouette atypique comme a pu être celle au contraire longiligne du regretté Christophe Salengro.

La gracieuse et expressive Violette Wanty en est la partenaire. Elle assure avec lui une sorte de fil conducteur, même si ces pièces courtes sont indépendantes les unes des autres et entraînent dans des univers très différents, avec, souvent, une vidéo complice. La musique de Vivaldi participe à un étrange ballet d’arlequins bariolés, dont les motifs hésitent entre Afrique et Amérique du Sud. Pour passer plus tard à des exercices de barre d’une inventivité délicieuse.

Saisissant aussi, le passage de ces deux danseuses d’abord en contrejour dans une démonstration gestuelle gémellaire, quasi kaléidoscopique. Il faut souligner à ce titre la qualité des éclairages de Begoña Garcia Navas dans les décors graphiques semblables à des lames de stores. Cette qualité se vérifie encore dans les effets d’aurore boréale qui accompagnent l’escarpolette qui envoie en suspension une danseuse. Ce type de figure est un peu la signature de Découflé, dont le spectacle se termine sur un carnet de voyage.

Souvenirs d’une tournée sans doute, cette dernière (pas si) petite pièce décolle vers le Japon. Comme Miles Davis revisitait l’Espagne avec son célèbre enregistrement « Sketches of Spain », Philippe Decouflé donne sa vision du pays du Soleil Levant. Son évocation depuis le départ à l’aéroport s’approche du monde de Jacques Tati, qui n’aurait pas démenti le chorégraphe dans sa perception de la société nipponne, où le vécu se télescope avec les clichés. C’est drôle, un tantinet longuet (la liste des souvenirs…) et rythmé par une bossa nova propre à dérider l’ambiance morose du débat sur les retraites ! Point final (?).

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« Nouvelles pièces courtes », au théâtre de Caen, du mardi 17 au vendredi 20 décembre 2019.

 

 

 

Garcia Navas dans les décors graphiques semblables à des lames de stores. Cette qualité se vérifie encore dans les effets d’aurore boréale qui accompagnent l’escarpolette qui envoie en suspension une danseuse. Ce type de figure est un peu la signature de Découflé, dont le spectacle se termine sur un carnet de voyage.

Souvenirs d’une tournée sans doute, cette dernière (pas si) petite pièce décolle vers le Japon. Comme Miles Davis revisitait l’Espagne avec son célèbre enregistrement « Sketches of Spain », Philippe Decouflé donne sa vision du pays du Soleil Levant. Son évocation depuis le départ à l’aéroport s’approche du monde de Jacques Tati, qui n’aurait pas démenti le chorégraphe dans sa perception de la société nipponne, où le vécu se télescope avec les clichés. C’est drôle, un tantinet longuet (la liste des souvenirs…) et rythmé par une bossa nova propre à dérider l’ambiance morose du débat sur les retraites ! Point or not point ?

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« Nouvelles pièces courtes », au théâtre de Caen, du mardi 17 au vendredi 20 décembre 2019.

 

 

 

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