Homonymies, paronymies et autres calembredaines…

Ce « dictionnaire » évolutif à infusion lente est un modeste hommage à Léo Campion (1905-1992), faiseur de bons mots. Sa trouvaille (enfant: fruit qu’on fit) avait réjoui une de mes lectures, il y a fort longtemps…

Aïeul obèse : Gras pater

Alphonse Boudard : cogito argot sum (valable aussi pour Pierre Devaux).

Analyste élégant: Psy chic.

Apprenti djihadiste : contrat de calife.

Art contemporain : néo maccarthysme ou fric-frac.

Artiste oubliée: Chère Sheila.

Attila : steak à cheval.

Auditoire subjugué : bée attitude.

Bachar El Hassad : tueur en Syrie.

Banquier honnête: Emile est décent.

Bible (Torah, Coran). Lettres suprêmes.

Bibliothèque : livre-ensemble.

Blanchiment d’argent: Lavoir de son maître.

Boisson mélancolique : whisky saudade

Bon plan : le sain dessein.

Bouchon: cher hymen.

Boxeur agressif : Cassius belli.

Brexit: L’Harrap’s du Futur.

Capitalisme: L’avoir de son maître.

Cancer: Trop polype pour être honnête.

Carte de France : toile de Jouy.

Casier judiciaire : Omar m’a tuer.

Charlatan: Docteur m’abuse.

Chiroubles : inflation en russe.

Cioran : hommage au désespoir.

Clone: Copie qu’on forme.

Cocu: effet de cerf (d’accord me rétorque un ami chasseur, il ne s’agit de cornes mais de bois… Tant pis, je conserve…).

Codex Coeni *: les inédits tsiganes

* nom d’un  cahier de musique du XVII e siècle miraculeusement retrouvé en Transsylvanie.

Coffre-fort : colis Fichet.

Collaboration : Laval qui rit.

Coma éthylique : t’es qui là ?

Comice agricole : distribution des pis.

Confusion : monde entier ou mon dentier ?

Confusion (bis) : Sarko n’est pas cossard.

Crise financière au Japon: indice niqué.

Coq gaulois : cogito ergot sum.

Couacs : variations col-vert

Crier avant d’avoir mal: haïku.

Darfour: Les sous damnés de la terre.

Défaite de 1870 : pan sur le bec Bazaine.

Démocratie horizontale: pour vivre heureux, vivons couchés.

Deuil national: Aux larmes, citoyens.

Devin joyeux : pro fête.

Droit de cuissage: Crime de leste majesté.

Eau de vie de cidre (calvados) : A la sueur de Domfront.

Eau stagnante : bue ? colique !

Ecole des talibans: Coran saignant.

Ecolo radical : pas acheté, pas à jeter.

Egocentrisme : but du je.

Enfant illégitime et attardé : le sot du secret.

Enfants soldats : Black « pampers ».

Envoi de farces et attrapes par correspondance : posté rieur.

Epargne: Monnaie de sage

Epilation: corvée d’aisselle.

Esclave : un mâle pour un bien.

Eugénisme : état nazi.

Evêque: Mitre autel.

Exclusion: Les nains et les autres.

Expectorant: Glaire épais.

Faire-part: Carton à desseins.

Fiancé bêta : con promis.

Fête de la musique : marché opus

Fièvre hémorragique : hezbolah.

Fin du monde : désastre des astres.

Flirt: badinage artistique.

Garage : surface de réparation.

Gastro: Affaire courante. Affaire courante tenace: Fidèle gastro.

Gaz asphyxiants : guerre de trachées.

Général chenu : Alexandre le gland.

Général démis: le haut rang sort.

Genèse: Quantique des quantiques.

Gengis Khan : Mongol fier.

Gigolo : test amant.

Gilet jaune: crise de foi.

Gilets jaunes: des potes éclairés (?).

Glaire: Colle aux quintes

Graine: fœtus de paille.

Gras double: haltère ego.

Gros plant: Jacquot de Nantes.

Gros rhume: Rhino féroce.

Guerre : connerie aux morts.

Hémiplégie : peuple de gauche.

Hémiplégie (bis) : peuple ( ?) de droite.

Hésitation : cerveau frein.

Hésitation mesurée : petit « peut-on ? »

Hollande : Flan flan la tulipe.

Hypocondriaque indécis : toubib or not toubib.

Immaculée conception : do it Youssef.

Jambon: Carné de porc.

Jérusalem: Trafic d’âmes.

Jeune Pan : la flûte en chantier.

Jeune plongeur: Apnée juvénile.

Langage diplomatique : Disons fûté.

Langue de vipère: serpent à  sornettes .

Lapsus calami: Perle à rebours.

Logique : anneau de Satourne.

Logorrhée: L’addiction.

Lucien Clergue : objectif lune.

Maïs transgénique: Céréales killer.

Mano a mano: Les doigts de l’Homme.

Manque de bras : humérus clausus.

Manuel de prestidigitateur : carnet d’adresse.

Marée : effet mer.

Mariage pour tous : occupez vous de vos unions.

Mariage pour tous (bis) : du pacsé faisons table rase

Mariée ivre: Promise cuitée.

Marine et Marion : double peine.

Marseillaise : France Musique.

Massacre à la tronçonneuse : tueur en scierie.

Médicament révolutionnaire: Prise de la pastille.

Mention: Succès d’année.

Mer d’Aral: Embruns russes.

Mère porteuse: Acte de ventre

Miel : suc raffiné.

Monocle: Verre solitaire

Muse: Femme de méninges

Musicien ambulant: Jazzy dans le métro

Musique industrielle : en lamineur.

Népotisme: Résultat des burnes.

Omelette : le crépuscule des œufs.

Orateur démagogique : nuit, debout.

Organisation état islamique : Apocalife now.

Origine du monde : pile poil.

Ouvrier turc: Bosse fort.

Paradis chiite : est-ce beau là ?

Paradis fiscal : Comptes en cieux.

Paradoxe: Vichy se trouve dans l’Allier.

Parfum tenace: Les lendemains qui sentent.

Parquet: Dépôt de plinthes.

Pedigree: Label et la bête.

Pédophilie: Maux d’enfants.

Pépin le Bref: Sire concis.

Père Fouettard : Pater austère.

Pistonné: l’être recommandé.

Petit déjeuner au lit : café allongé.

Pléonasme: Occis mort.

Poète enrhumé: La Boétie.

Poète engagé: Rimbaud Warrior.

Politiquement correct : la censure sociale.

Prêche sur le net : e.man

Prière de l’énurétique :  Méat coule pas!

Puceau : fleur du mâle.

Purgatoire: Période décès.

Quatuors : entrée des altistes.

Rapport consenti: Signature de décharge.

Régime draconien: Ascète creuse.

Réseau international de prostitution: Maquereau économie.

Retrait: Sexe contrôle.

Salon de coiffure mixte : tif for two.

Satyre : Fesse bouc.

Sauveur de la France ( !) : veni, vidi, vichy.

Savant fou ou tête de linotte: QI cuit.

Sedan : pan sur le bec Bazaine.

Sépulture de Cléopâtre : Tombe aspic.

Sirène infidèle : Sel, mon marin !

Solo de viole: Unigambiste.

Sodomie: Entrée en matière.

Steak au poivre. Les feux de la hampe.

Stupéfiant : la came isole

Surendettement: Les crédits font chier.

Surexploitation des océans : ça sushi comme ça !

Surplus de pommes de terre: Gâchis parmentier.

Syncrétisme: Pâté de fois.

Teint de loup de mer : Carmina buriné.

Testament matriarcal: Manuscrit de la mère morte.

Tomate farcie: Coulis piégé.

Tournée du facteur : boucle émissaire.

Travail, famille, patrie: La Maman et le Pétain.

Tromperie (ou trumperie) : ils ont voté Donald, ils ont Dingo.

Trumpisme: Bacille de Koch.

Tube: Voir Mention.

Tueur à gages : sang froid fi loi

Twitter : réseau zozieaux

Vanité: Récipient d’air.

Vétérinaire : panse bête.

Vidal : médical, mes dicos.

Viol: Racket de pénis.

Viticulteur ignorant : chais pas.

Voyage en Tsiganie avec Monsieur Haydn


Route 68, huitième étape. Les  quatre Cambini-Paris ont dépassé le premier tiers de leur voyage musical né d’un projet fou : interpréter l’intégrale des quatuors de Joseph Haydn (1732-1809). Le théâtre de Caen s’est associé à cette entreprise unique. A chaque concert, trois œuvres  et un thème. Cette fois, a été évoquée l’influence de la musique tsigane chez le compositeur. Avec, à la clé, un final époustouflant conduit par l’invité de cette soirée, Iurie Morar, joueur de cymbalum.

Depuis bientôt deux saisons et demie que le Quatuor Cambini-Paris s’est lancé sur sa « Route 68 », son auditoire n’a cessé de croître au théâtre de Caen (1). Les foyers, bien adaptés à la musique de chambre, sont juste assez grands pour accueillir tous les amateurs. L’intérêt de ces concerts est doublé par la présentation qui les accompagne. Producteur à France Musique, Clément Lebrun apporte à chaque un éclairage original, qui tient à un thème sortant des sentiers battus (2).

Il a suffi, cette fois, d’une annotation de Joseph Haydn en tête du troisième mouvement _ un menuet _ de son opus 20 n°4, « A la tziganere », pour que ce huitième concert se penche sur l’influence des musiques populaires d’Europe orientale sur le pensionnaire du prince Esterhazy. Sincèrement, on l’aurait plutôt perçue dans le mouvement suivant, le quatrième et dernier, dans l’interprétation fougueuse donnée par le Quatuor Cambini-Paris avec un premier de cordée, Julien Chauvin, galvanisé.

Peu importe, à vrai dire, l’essentiel était d’imaginer ce que Haydn avait pu percevoir, à son époque, de cette musique qui traversait la mosaïque des pays de l’empire austro-hongrois. Longtemps cantonné dans la résidence du prince Esterhazy, le compositeur n’en avait pas moins l’écoute à l’affût. Le cymbalum, instrument à cordes frappées, est symbolique de ces musiques. Issu du santour perse, il est assimilé aux « verbunkos », ces danses de recrutement militaire qui animaient les cabarets, où les officiers recruteurs allaient faire leur marché.

Plus largement, le cymbalum, surnommé aussi le piano tsigane, est de toutes les fêtes. On lui connaît de nombreuses variantes. La reine Marie-Antoinette en jouait. Stravinsky appréciait ses résonnances et ses possibilités. On pense aussi à Bela Bartok, qui allait collecter les airs traditionnels qui lui ont inspiré de célèbres partitions. De tout cela, Iurie Morar a échangé avec Clément Lebrun. Et puisqu’il fallait bien une démonstration, le musicien d’origine moldave a offert une doïna roumaine, dont la musicalité est apparentée au fado portugais. Nostalgique, le cymbalum peut l’être, comme il peut faire battre les mains et les cœurs d’allégresse.

C’est bien ce qui s’est passé en conclusion de ce concert. Venu rejoindre les musiciens du Quatuor, Iurie Morar s’est fondu dans le groupe dans la reprise du fameux menuet de cet Opus 20 n°4. Puis il a entraîné ses partenaires d’un soir dans une interprétation envoûtante d’airs tsiganes conduit pas des mailloches électrisées. On ne pouvait imaginer que le temps de répétition fût si court.

Et Haydn, au fait ? On ne va pas oublier les trois quatuors interprétés au cours de cette soirée. L’Opus 2 n°1 renvoie aux origines d’un genre que le compositeur va progressivement modeler. On est en 1757. Haydn s’exerce à une formule qui associe danse baroque et sonate pour quatre instruments. On parle alors de divertimento, où en cinq mouvements alternent moments lents et moments plus rapides, plus incisifs.

Ce sont autant de mini-opéras, dont la forme va se stabiliser en quatre mouvements. L’Opus 20 n°4, écrit en 1772, est exemplaire par sa finition, ses qualités d’équilibre. Johannes Brahms avait en sa possession la partition originale, révèle Clément Lebrun. A-t-elle exercé sur lui une fonction paralysante ? Ce n’est qu’à partir de l’âge de 50 ans que le compositeur des fameuses symphonies s’est essayé aux quatuors. Il est vrai que cet Opus 20 est impressionnant, successivement de majesté, d’intimité, de fougue.

Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, aux violons, Pierre-Eric Nimylowycz, à l’alto et Atsushi Sakaï, au violoncelle en font valoir toutes les nuances. L’Opus 64 n°3, qui avait été tiré au sort lors du précédent concert (3) se situe à un tournant important pour Haydn. Il l’écrit juste avant le décès de son protecteur. Dès lors, le compositeur voyagera et entreprendra une grande tournée, en Angleterre notamment.

L’œuvre  déborde d’énergie avec, dans le premier mouvement un violoncelle qui donne la cadence. Comme souvent le mouvement qui suit est plus méditatif puis en relais arrive un moment allègre et sifflotant, invitant à la danse. Et pour finir, c’est comme une conversation qui s’anime avec un thème qui va et revient. La suite avec le cymbalum en a suscité une autre.

Concert donné le mardi 8 janvier 2019, au théâtre de Caen.

  • (1) Le théâtre de Caen vient  de vivre une saison record avec un chiffre de fréquentation de 147 600 spectateurs en 2018. Le meilleur résultat précédent était en 2012 avec 112 000 spectateurs.
  • (2) Le prochain concert, jeudi 25 avril 2019, aura pour thème « Remue-méninges » avec Bernard Lechevalier, professeur et neurologue.
  • (3) C’est l’opus 76 n° 1 qui a été tiré au sort. Il figurera au programme du concert du 25 avril.