Le Triomphe de l’Amour, leurre c’est leurre

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Le  théâtre de Caen accueille, jusqu’à samedi, « Le Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène de Denis Podalydès. Le spectacle créé aux Bouffes du Nord fait l’objet d’une longue tournée. C’est son seul passage en Normandie. L’occasion est trop belle pour ne pas manquer cette démonstration ciselée du désir amoureux et du jeu de la séduction. Où la naïveté peut tromper et aussi se méprendre.

LE TRIOMPHE DE L AMOUR de Marivaux Mise en scene : Denis Podalydes Direction Musicale : Christophe Coin Scenographie : Eric Ruf Costumes : Christian Lacroix Lumieres : Stephanie Daniel Son : Bernard Vallery Avec : Edwige Baily : Hermidas Stephane Excoffier : Leontine Dominique Parent : Dimas Jean-Noel Broute : Arlequin Leslie Menu : Phocion Thibault Vincon : Agis Maison de la Culture d Amiens Amiens le 19 mai 2018 © Pascal Gely
De gauche à droite: Dominique Parent (Dimas); Stéphane Excoffier (Léontine); Thibault Vinçon (Agis); Leslie Menu (Phocion); Jean-Noël Brouté (Arlequin); Edwige Baily (Hermidas).
© Pascal Gely

Après « Les Fourberies de Scapin », c’est une nouvelle mise en scène de Denis Podalydès qui se présente au théâtre de Caen. Cette fois le sociétaire de la Comédie Française ne s’est pas entouré de consœurs  et confrères de la Maison de Molière, mais d’une équipe d’acteurs, dont une partie appartient à la « bande de Versailles » de son cinéaste de frère, Bruno. S’y ajoute le violoncelliste Christophe Coin, natif de Caen, dont on connaît la belle carrière de soliste et de chef d’orchestre.

« Le Triomphe de l’Amour » n’est pas la pièce la plus jouée de Marivaux. Sa première représentation, en 1732, avait été fraîchement reçue. On ne comprenait pas qu’une princesse puisse se travestir pour conquérir le cœur d’un jeune homme et troubler à la fois celui d’un philosophe et de la sœur de ce dernier ! Même transposée dans une Sparte imaginaire, la comédie n’avait pas emporté d’adhésion du public, qui s’est rattrapé ensuite.

Racine en modèle

Il faut revenir à l’intérêt qu’y porte Denis Podalydès. Le comédien du Français s’attache à la passion de portait Marivaux à Racine, à la façon dont le dramaturge décrit le trouble amoureux et les ravages qu’il peut provoquer. Si l’auteur du « Triomphe » ne versifie pas comme son prestigieux aîné, ni ne verse dans la tragédie, on ne peut que les rapprocher sur leurs qualités stylistiques et leur art dans la description des méandres sentimentaux.

En cela, « Le Triomphe de l’Amour » est un grand bonheur d’écriture classique où se glissent avec une aisance élégante les imparfaits du subjonctif. On est aux antipodes des « tweets » réducteurs de pensée, qui ne prétendent pas, il est vrai, à la forme théâtrale… Mais la force de désaccoutumance à ce mode d’expression du XVIIIe siècle freine sans doute au départ l’appréhension de l’intrigue, ajoutée au phrasé un peu timide des deux comédiennes, Leslie Menu et Edwige Baily.La première est cette princesse Léonide, qui, sous des habits masculins, se présente sous le nom de Phocion.

Elle est accompagnée de sa suivante, Corine, qui, elle aussi déguisée en homme, répond à celui d’Hermidas. Léonide a un but politique, réunifier son royaume par le retour d’un prince exilé, Agis. Le déchu vit chez Hermocrate. Le philosophe a créé une petite société à l’écart du monde. Lui et sa sœur, Léontine, célibataire sage et résignée, vivent des choses de l’esprit. L’amour n’y a pas sa place.

Amour, amitié… Telle est la question dans le stratagème imaginé par la princesse Léonide déguisée en homme et répondant au nom de Phocion (Leslie Menu) pour séduire Agis (Thibault Vinçon) © Pascal Gely.

Une cabane de jardin dans une nature isolée entourée d’eau symbolise le refuge d’Hermocrate. Les costumes de Christian Lacroix renvoient explicitement au siècle de Marivaux. En revanche, on peut voir dans le décor signé Eric Ruf (autre complice des « Fourberies ») une référence à certaines communautés « écolos » au radicalisme teintée d’utopie. Et  c’est là que débarquent Léonide-Phocéon et Corine-Hermidas.

Le code des appeaux

Leur premier contact est assez brutal par la personne du jardinier Dimas puis du valet Arlequin. L’un est aussi massif que l’autre est agile. Tous deux devinent vite le stratagème de « Phocéon », qui sait monnayer leur complicité. Ainsi dans ce manège d’approches et de rencontres communiquent-ils en soufflant dans des appeaux. Les cris d’oiseaux n’étonnent pas en ces lieux. Mais leur imitation intervient comme un code pour éviter tout télescopage de personnages.

Dimas (Dominique Parent) et Arlequin (Jean-Noël Brouté) ont des exigences. Mais Phocion-Léonide (Leslie Menu) a des arguements à leur retourner… (Photo de répétition © Pascal Gely).

Le leurre est à la manœuvre dans ce jeu de dupes. Si Léonide est innocente en amour, elle éprouve vite les usages de l’inclination. Et finit bien par faire franchir cet  « océan » chanté par Pierre Vassilui, qui « va de l’ami à l’amant ». Mais, ce faisant, après avoir élargi son champ de séduction et de flatterie, elle va laisser sur le carreau à la fois Hermocrate, auquel Léonide avoue son vrai sexe ; et Léontine, trompée, elle, par la travestie en Phocéon.

Sous le regard de Christophe Coin au violoncelle, le philosophe Hermocrate (Philippe Duclos) cède au charme de Phocion (Leslie Menu). La désillusion guette… © Pascal Gely

Cette soudaine découverte qui fait s’effondrer les illusions du philosophe et de sa sœur est l’aboutissement comique d’une montée en puissance de l’intrigue. La tête décontenancée d’Agis, qui n’a pas encore compris l’intention de Léonide, ajoute à la drôlerie de la scène. Quand même l’innocence de la princesse ne tournerait-elle pas, malgré elle, à une forme de perversité. Cinquante ans avant « Cosi fan tutte » de Mozart et les « Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, Marivaux ouvre une voie.

Plaisir et chagrin

Outre les intermèdes musicaux de Christophe Coin au violoncelle, Denis Podalydès fait chanter, de façon un peu anachronique, la romance « Plaisir d’amour ». « Qui ne dure qu’un moment », alors que « chagrin d’amour dure toute la vie ». Il faut y voir une prémonition pour Hermocrate et Léontine, excellemment interprétés par Philippe Duclos, grand échalas tout ébaubi et Stéphane Excoffier, passée de la pruderie confuse à l’enthousiasme extatique

Chevelure léonine, Thibault Vinçon incarne un Agis encore interloqué par la tournure des événements, auxquels Dimas et Arlequin apportent un contrepoint hautement facétieux. Jardinier au franc parler picard mâtiné de « ch’ti », Dominique Parent projette l’ombre d’un satyre à la délicatesse éléphantesque, tandis que Jean-Noël Brouté évolue tel un feu-follet trublion. A leurs côtés, Leslie Menu et Edwige Baily retrouvent la noblesse et le rang de leurs personnages, en dépit leur singulière machination.

Représentations au théâtre de Caen, mardi 22, mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26 janvier 2019. A 20 h. Renseignements : 02 31 30 48 00.

« Jenufa », affaire de femmes et de famille

L’ouvrage lyrique de Leos Janacek, « Jenufa », a fait un triomphe au théâtre de Caen, coproducteur avec l’Opéra de Dijon. Bénéficiant d’une distribution internationale de haut niveau et d’un orchestre, le Czech Virtuosi de Brno, grand connaisseur de la musique du compositeur tchèque, le drame a révélé toute son intensité émotionnelle. Cette version, mise en scène par le prometteur Yves Lenoir, est à inscrire dans les annales.


Tiré d’un récit de Gabriela Pressova de la veine d’une nouvelle de Maupassant. « Jenufa » serait aujourd’hui le type même de « fait divers », sur lequel les médias se focalisent. Ils rivaliseraient d’angles pour le décortiquer et le garder en mémoire pour y revenir sous prétexte de complément d’enquête. Un petit village, une grossesse non désirée, un infanticide, une proximité consanguine, une pression morale fortement teintée de religion, bien des éléments sont réunis qui intéresseraient un sociologue prenant le pouls d’une communauté.

Jenufa, jeune paysanne, est au cœur de cette tragédie tout à la fois ordinaire et exemplaire. Elle attend un bébé. Personne ne le sait. Encore moins le père, son cousin  Steva, dont elle espère qu’il ne sera pas enrôlé dans l’armée. Ainsi, il sera encore temps de se marier et d’éviter le déshonneur. Seulement, les obstacles s’accumulent.

Jenufa (Sarah-Jane Brandon) accueille, heureuse, le retour de son amant Steva Buryja (Magnus Vigilius). Mais la joie va être de courte durée. Photo Gilles Abegg. Opéra de Dijon.

Certes Steva est exempté. Mais Kostelnicka Buryjovka, belle-mère de Jenufa et , voit d’un mauvais œil un mariage entre ce garçon volage, qui lui rappelle trop son feu mari, et la jeune femme. Sacristine à principes, elle impose un délai, dont dépend la conduite de Steva. Lana, demi-frère de ce dernier, en profite pour confirmer son amour à Jenufa. Dans un geste malheureux de jalousie, il la blesse sérieusement au visage.  Elle est défigurée.

Dans un mouvement de jalousie agressive, Lana (Daniel Brenna) blesse Jenufa au visage. Photo Gilles Abegg. Opéra de Dijon.

La mise en scène d’Yves Lenoir ne laisse pas d’indice temporel. L’opéra a été créé en 1904. Mais en rien, on est ramené à ce début de siècle, pas plus qu’on ne se trouve projeté à aujourd’hui. La banalité voulue des costumes et des décors confère son universalité à ce drame, qui en fait une affaire de femmes, malgré elles. L’action, dépourvue d’accessoires superflus, aspire véritablement l’attention du spectateur. Sur fond de morne plaine, un hangar agricole  sert de cadre à l’intrigue du premier acte. Sa façade en tôle ondulée se métamorphose en toit sous lequel vient se greffer un intérieur sous comble. Quelques flocons indiquent un passage en hiver.

C’est là que se noue le malheur dans la maison de la sacristine où se trouve cachée Jenufa. Elle vient d’accoucher d’un petit garçon, dont le sort va lui échapper. Steva ne veut plus d’elle car elle a perdu sa beauté. Kostelnicka Buruyjovka la convainc d’accepter Lana, au prix d’un plan impitoyable. Car, entretemps, la belle-mère a fait disparaître l’enfant dans la rivière gelée. A à la fois pour éviter l’opprobre populaire et pour calmer le tourment de son neveu, le seul à qui elle a fait part de la naissance.

La sacristine annonce à Jenufa qu’elle a déliré de fièvre pendant lesquels le nourrisson est mort. Photo Gilles Abegg. Opéra de Lyon.

Dès le prologue, la musique de Janacek accompagne la montée en puissance d’une fatalité. Nourri aux partitions du compositeur, le Czech Virtuosi, sous la baguette de Stefen Veselka, en développe les riches qualités sonores avec un pupitre de violons saisissant et un soliste à donner la chair de poule. Et quand les vents et cuivres s’en mêlent, on est gagné par cette intensité dramatique déployée par l’intervention des chanteurs et du chœur, impeccable, de l’Opéra de Dijon dirigé par Anass Ismat

La soprano sud-africaine Sarah-Jane Brandon incarne une Jenufa ballottée par les injustices du destin. Au fil des trois actes, elle sait donner une épaisseur psychologique à son personnage. Le poids des déconvenues et des douleurs pèse de plus en plus sur son personnage. Frais et poupin au départ, son visage, à l’instar de sa voix,  en manifeste progressivement les marques.

Sabine Hogrefe, soprano allemande, tient le rôle de la sacristine. Elle est exceptionnelle en Kostelnicka Buryjovka, gagnée par la folie et le remords. Scéniquement, elle agit comme le contraire de sa belle-fille. A la chemise de nuit immaculée de l’accouchée, à laquelle elle prétend que l’enfant est mort des suites de la naissance, elle oppose des vêtements sombres. Au moment des noces, la même sacristine reproche à la pathétique Jenufa ce même type de tenue de « veuve respectable ». Alors que, dans une attitude de totale confusion, elle finit par se présenter en robe de mariée !

Au moment des noces, le drame bascule avec la découverte de l’enfant mort. De gauche à droite: Lana (Daniel Brenna); Karolka (Katerina Hebelkova); Krzysztof Borysiewicz, (le maire) ;Sabine Hogrefe (la sacristine Kostelnicka Buryjovka); Svetlana Lifar(l’épouse du maire); Magnus Vigilius (Steva Buryja); Sarah-Jones Brandon (Jenufa Buryja).

Puissant ténor américain, Daniel Brenna donne presqu’une dimension wagnérienne au personnage de Laca. Caractère entier, il affronte avec une autorité qui ne souffre pas d’objection l’ensemble des villageois prompts à accuser Jenufa d’infanticide. A la faveur du dégel, le corps de l’enfant a été retrouvé. On est au printemps, la scène retrouve le hangar agricole du premier acte. La réaction de Laca pousse la sacristine à avouer son acte et à affronter la justice humaine. Jenufa, elle, pardonne déjà. Elle se réfugie dans l’amour que lui offre Laca.

Symboliquement, cette union implique un patient chemin. Installés à chaque bout de la table, Jenufa et Laca tendent le bras l’un vers l’autre sans  pouvoir lier leurs mains. Il y a encore tant de plaies à cicatriser : le souvenir de l’enfant mort ; le suicide de Steva, qui voit son monde s’effondrer. Le jeune homme volage courtisé pour son statut de meunier prospère a découvert sa paternité. Sa fiancée, Karolka, la fille du maire, n’a pu supporter cette révélation.

Magnus Vigilius, ténor danois, n’a pas l’ampleur vocale de son « rival » Daniel Brenna. Mais il sait donner au personnage de Steva tout son tempérament, d’abord insouciant puis brusquement placé devant ses responsabilités. Tous les seconds rôles sont sur la même ligne qualitative : la mezzo allemande Helena Köhne (la grand-mère Buryjovka) ; Tomas Kral, baryton tchèque (Starek) ; le Polonais Krzysztof Borysiewicz, basse (le maire) ; Svetlana Lifar, mezzo française, d’origine russe (l’épouse du maire) ; Katerina Hebelkova, mezzo tchèque (Karolka). Et pour compléter cette distribution cosmopolite, un trio de jeunes talents, Roxane Chalard (Jano) ; Axelle Fanyo (Barena) ; Delphine Lambert (une bergère).

Représentations données au théâtre de Caen, jeudi 17 et samedi 19 janvier 2019. Opéra chanté en tchèque surtitré en français.

Homonymies, paronymies et autres calembredaines…

Ce « dictionnaire » évolutif à infusion lente est un modeste hommage à Léo Campion (1905-1992), faiseur de bons mots. Sa trouvaille (enfant: fruit qu’on fit) avait réjoui une de mes lectures, il y a fort longtemps…

Aïeul obèse : Gras pater

Alphonse Boudard : cogito argot sum (valable aussi pour Pierre Devaux). Voir aussi « coq gaulois ».

Analyste élégant: Psy chic.

Apprenti djihadiste : contrat de calife.

Art contemporain : néo maccarthysme ou fric-frac.

Artiste oubliée: Chère Sheila.

Atelier du peintre: pièce de Monet.

Attila : steak à cheval.

Auditoire subjugué : bée attitude.

Bachar El Hassad : tueur en Syrie.

Banquier honnête: Emile est décent.

Bible (Torah, Coran). Lettres suprêmes.

Bibliothèque : livre-ensemble.

Blanchiment d’argent: Lavoir de son maître.

Boisson mélancolique : whisky saudade

Bon plan : le sain dessein.

Bouchon: cher hymen.

Boxeur agressif : Cassius belli.

Brexit: L’Harrap’s du Futur.

Brexit (bis): Attention à l’Ulster drastique.

Burqa, niqab, etc.: Abus d’habits.

Capitalisme: L’avoir de son maître.

Cancer: Trop polype pour être honnête.

Carte de France : toile de Jouy.

Casier judiciaire : Omar m’a tuer.

Castafiore (la): Tintin sans MeToo.

Charlatan: Docteur m’abuse.

Chiroubles : inflation en russe.

Cioran : hommage au désespoir.

Clone: Copie qu’on forme.

Cocu: effet de cerf (d’accord me rétorque un ami chasseur, il ne s’agit de cornes mais de bois… Tant pis, je conserve…).

Codex Coeni *: les inédits tsiganes

* nom d’un  cahier de musique du XVII e siècle miraculeusement retrouvé en Transsylvanie.

Coffre-fort : colis Fichet.

Collaboration : Laval qui rit.

Colonialisme: de mal empire.

Coma éthylique : t’es qui là ?

Comice agricole : distribution des pis.

Confusion : monde entier ou mon dentier ?

Confusion (bis) : Sarko n’est pas cossard.

Crise financière au Japon: indice niqué.

Coq gaulois : cogito ergot sum.

Couacs : variations col-vert

Crier avant d’avoir mal: haïku.

Darfour: Les sous damnés de la terre.

Défaite de 1870 : pan sur le bec Bazaine.

Démocratie horizontale: pour vivre heureux, vivons couchés.

Deuil national: Aux larmes, citoyens.

Devin joyeux : pro fête.

Droit de cuissage: Crime de leste majesté.

Eau de vie de cidre (calvados) : A la sueur de Domfront.

Eau stagnante : bue ? colique !

Ecole des talibans: Coran saignant.

Ecolo radical : pas acheté, pas à jeter.

Egocentrisme : but du je.

Enfant illégitime et attardé : le sot du secret.

Enfants soldats : Black « pampers ».

Envoi de farces et attrapes par correspondance : posté rieur.

Epargne: Monnaie de sage

Epilation: corvée d’aisselle.

Esclave : un mâle pour un bien.

Eugénisme : état nazi.

Evêque: Mitre autel.

Exclusion: Les nains et les autres.

Expectorant: Glaire épais.

Faire-part: Carton à desseins.

Fiancé bêta : con promis.

Fête de la musique : marché opus

Fièvre hémorragique : hezbolah.

Fin du monde : désastre des astres.

Flirt: badinage artistique.

Garage : surface de réparation.

Gastro: Affaire courante. Affaire courante tenace: Fidèle gastro.

Gaz asphyxiants : guerre de trachées.

Général chenu : Alexandre le gland.

Général démis: le haut rang sort.

Genèse: Quantique des quantiques.

Gengis Khan : Mongol fier.

Gigolo : test amant.

Gilet jaune: crise de foi.

Gilets jaunes: des potes éclairés (?)

Gilets jaunes (variante): prolétaires, hérissez-vous!

Gilets jaunes (suite): saturday yellow fever.

Glaire: Colle aux quintes

Graine: fœtus de paille.

Gras double: haltère ego.

Gros plant: Jacquot de Nantes.

Gros rhume: Rhino féroce.

Guerre : connerie aux morts.

Hameçon: leurre de pointe.

Hémiplégie : peuple de gauche.

Hémiplégie (bis) : peuple ( ?) de droite.

Hésitation : cerveau frein.

Hésitation mesurée : petit « peut-on ? »

Hollande : Flan flan la tulipe.

Hypocondriaque indécis : toubib or not toubib.

Immaculée conception : do it Youssef.

Jambon: Carné de porc.

Jérusalem: Trafic d’âmes.

Jeune Pan : la flûte en chantier.

Jeune plongeur: Apnée juvénile.

Langage diplomatique : Disons fûté.

Langue de vipère: serpent à  sornettes .

Lapsus calami: Perle à rebours.

Logique : anneau de Satourne.

Logorrhée: L’addiction.

Lucien Clergue : objectif lune.

Maïs transgénique: Céréales killer.

Mano a mano: Les doigts de l’Homme.

Manque de bras : humérus clausus.

Manuel de prestidigitateur : carnet d’adresse.

Marée : effet mer.

Mariage pour tous : occupez vous de vos unions.

Mariage pour tous (bis) : du pacsé faisons table rase

Mariée ivre: Promise cuitée.

Marine et Marion : double peine.

Marseillaise : France Musique.

Massacre à la tronçonneuse : tueur en scierie.

Menace sur les buis: plan Vigipyrale.

Médicament révolutionnaire: Prise de la pastille.

Mention: Succès d’année.

Mer d’Aral: Embruns russes.

Mère porteuse: Acte de ventre

Miel : suc raffiné.

Monocle: Verre solitaire

Muse: Femme de méninges

Musicien ambulant: Jazzy dans le métro

Musique industrielle : en lamineur.

Naturiste: A bout d’habits.

Népotisme: Résultat des burnes.

Omelette : le crépuscule des œufs.

Orateur démagogique : nuit, debout.

Organisation état islamique : Apocalife now.

Origine du monde : pile poil.

Ouvrier turc: Bosse fort.

Paradis chiite : est-ce beau là ?

Paradis fiscal : Comptes en cieux.

Paradoxe: Vichy se trouve dans l’Allier.

Parfum tenace: Les lendemains qui sentent.

Parquet: Dépôt de plinthes.

Pedigree: Label et la bête.

Pédophilie: Maux d’enfants.

Pépin le Bref: Sire concis.

Père Fouettard : Pater austère.

Pistonné: l’être recommandé.

Petit déjeuner au lit : café allongé.

Pléonasme: Occis mort.

Poète enrhumé: La Boétie.

Poète engagé: Rimbaud Warrior.

Poisson d’avril: Fake news

Politiquement correct : la censure sociale.

Prêche sur le net : e.man

Prière de l’énurétique :  Méat coule pas!

Puceau : fleur du mâle.

Purgatoire: Période décès.

Quatuors : entrée des altistes.

Queue de manif: Fléau de 5 à 7.

Rapport consenti: Signature de décharge.

Réchauffement climatique: sommation à la société de c.

Régime draconien: Ascète creuse.

Réseau international de prostitution: Maquereau économie.

Retrait: Sexe contrôle.

Ruffin (François): Fake ire

Salon de coiffure mixte : tif for two.

Satyre : Fesse bouc.

Sauveur de la France ( !) : veni, vidi, vichy.

Savant fou ou tête de linotte: QI cuit.

Sedan : pan sur le bec Bazaine.

Sépulture de Cléopâtre : Tombe aspic.

Sirène infidèle : Sel, mon marin !

Sodome au Vatican: le Siège n’est plus très sain(t).

Solo de viole: Unigambiste.

Steak au poivre. Les feux de la hampe.

Stupéfiant : la came isole

Surendettement: Les crédits font chier.

Surexploitation des océans : ça sushi comme ça !

Surplus de pommes de terre: Gâchis parmentier.

Syncrétisme: Pâté de fois.

Teint de loup de mer : Carmina buriné.

Testament matriarcal: Manuscrit de la mère morte.

Tiercé: Cheval de trois.

Tomate farcie: Coulis piégé.

Tournée du facteur : boucle émissaire.

Travail, famille, patrie: La Maman et le Pétain.

Tromperie (ou trumperie) : ils ont voté Donald, ils ont Dingo.

Trumpisme: Bacille de Koch.

Tube: Voir Mention.

Tueur à gages : sang froid fi loi

Twitter : réseau zozieaux

Vanité: Récipient d’air.

Vétérinaire : panse bête.

Vidal : médical, mes dicos.

Viol: Racket de pénis.

Viticulteur ignorant : chais pas.

Voyage en Tsiganie avec Monsieur Haydn


Route 68, huitième étape. Les  quatre Cambini-Paris ont dépassé le premier tiers de leur voyage musical né d’un projet fou : interpréter l’intégrale des quatuors de Joseph Haydn (1732-1809). Le théâtre de Caen s’est associé à cette entreprise unique. A chaque concert, trois œuvres  et un thème. Cette fois, a été évoquée l’influence de la musique tsigane chez le compositeur. Avec, à la clé, un final époustouflant conduit par l’invité de cette soirée, Iurie Morar, joueur de cymbalum.

Depuis bientôt deux saisons et demie que le Quatuor Cambini-Paris s’est lancé sur sa « Route 68 », son auditoire n’a cessé de croître au théâtre de Caen (1). Les foyers, bien adaptés à la musique de chambre, sont juste assez grands pour accueillir tous les amateurs. L’intérêt de ces concerts est doublé par la présentation qui les accompagne. Producteur à France Musique, Clément Lebrun apporte à chaque un éclairage original, qui tient à un thème sortant des sentiers battus (2).

Il a suffi, cette fois, d’une annotation de Joseph Haydn en tête du troisième mouvement _ un menuet _ de son opus 20 n°4, « A la tziganere », pour que ce huitième concert se penche sur l’influence des musiques populaires d’Europe orientale sur le pensionnaire du prince Esterhazy. Sincèrement, on l’aurait plutôt perçue dans le mouvement suivant, le quatrième et dernier, dans l’interprétation fougueuse donnée par le Quatuor Cambini-Paris avec un premier de cordée, Julien Chauvin, galvanisé.

Peu importe, à vrai dire, l’essentiel était d’imaginer ce que Haydn avait pu percevoir, à son époque, de cette musique qui traversait la mosaïque des pays de l’empire austro-hongrois. Longtemps cantonné dans la résidence du prince Esterhazy, le compositeur n’en avait pas moins l’écoute à l’affût. Le cymbalum, instrument à cordes frappées, est symbolique de ces musiques. Issu du santour perse, il est assimilé aux « verbunkos », ces danses de recrutement militaire qui animaient les cabarets, où les officiers recruteurs allaient faire leur marché.

Plus largement, le cymbalum, surnommé aussi le piano tsigane, est de toutes les fêtes. On lui connaît de nombreuses variantes. La reine Marie-Antoinette en jouait. Stravinsky appréciait ses résonnances et ses possibilités. On pense aussi à Bela Bartok, qui allait collecter les airs traditionnels qui lui ont inspiré de célèbres partitions. De tout cela, Iurie Morar a échangé avec Clément Lebrun. Et puisqu’il fallait bien une démonstration, le musicien d’origine moldave a offert une doïna roumaine, dont la musicalité est apparentée au fado portugais. Nostalgique, le cymbalum peut l’être, comme il peut faire battre les mains et les cœurs d’allégresse.

C’est bien ce qui s’est passé en conclusion de ce concert. Venu rejoindre les musiciens du Quatuor, Iurie Morar s’est fondu dans le groupe dans la reprise du fameux menuet de cet Opus 20 n°4. Puis il a entraîné ses partenaires d’un soir dans une interprétation envoûtante d’airs tsiganes conduit pas des mailloches électrisées. On ne pouvait imaginer que le temps de répétition fût si court.

Et Haydn, au fait ? On ne va pas oublier les trois quatuors interprétés au cours de cette soirée. L’Opus 2 n°1 renvoie aux origines d’un genre que le compositeur va progressivement modeler. On est en 1757. Haydn s’exerce à une formule qui associe danse baroque et sonate pour quatre instruments. On parle alors de divertimento, où en cinq mouvements alternent moments lents et moments plus rapides, plus incisifs.

Ce sont autant de mini-opéras, dont la forme va se stabiliser en quatre mouvements. L’Opus 20 n°4, écrit en 1772, est exemplaire par sa finition, ses qualités d’équilibre. Johannes Brahms avait en sa possession la partition originale, révèle Clément Lebrun. A-t-elle exercé sur lui une fonction paralysante ? Ce n’est qu’à partir de l’âge de 50 ans que le compositeur des fameuses symphonies s’est essayé aux quatuors. Il est vrai que cet Opus 20 est impressionnant, successivement de majesté, d’intimité, de fougue.

Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, aux violons, Pierre-Eric Nimylowycz, à l’alto et Atsushi Sakaï, au violoncelle en font valoir toutes les nuances. L’Opus 64 n°3, qui avait été tiré au sort lors du précédent concert (3) se situe à un tournant important pour Haydn. Il l’écrit juste avant le décès de son protecteur. Dès lors, le compositeur voyagera et entreprendra une grande tournée, en Angleterre notamment.

L’œuvre  déborde d’énergie avec, dans le premier mouvement un violoncelle qui donne la cadence. Comme souvent le mouvement qui suit est plus méditatif puis en relais arrive un moment allègre et sifflotant, invitant à la danse. Et pour finir, c’est comme une conversation qui s’anime avec un thème qui va et revient. La suite avec le cymbalum en a suscité une autre.

Concert donné le mardi 8 janvier 2019, au théâtre de Caen.

  • (1) Le théâtre de Caen vient  de vivre une saison record avec un chiffre de fréquentation de 147 600 spectateurs en 2018. Le meilleur résultat précédent était en 2012 avec 112 000 spectateurs.
  • (2) Le prochain concert, jeudi 25 avril 2019, aura pour thème « Remue-méninges » avec Bernard Lechevalier, professeur et neurologue.
  • (3) C’est l’opus 76 n° 1 qui a été tiré au sort. Il figurera au programme du concert du 25 avril.