Louise au pays des merveilles

Tout sourire, Louise Moaty est une artiste qui va au bout de ses idées. Experte en lanterne magique, elle a trouvé en Alexeï Lubimov une sorte d’Erik Satie réincarné pour construire avec lui un spectacle délicieux d’imaginaire et de fantaisie. Il était présenté à l’Esam (école supérieure d’art et médias) dans la cadre de la saison du théâtre de Caen.

« This is not a dream » (Ceci n’est pas un rêve ») se réfère à la formule de Magritte et à la trahison des images. Non, ce n’est pas un rêve, mais bien plutôt la représentation d’une rêverie. Et la clé des songes est là  bien suggérée par les partitions de Satie alternant avec celles de John Cage.

Ces courtes pièces pianistiques interprétées par Alexeï Lubimov sur l’un ou l’autre des trois claviers sur scène suscitent des images projetées en halo par une lanterne magique. Rudimentaire dans son principe, la machine mise au point par Louise Moaty  n’en est pas aussi sophistiquée qu’une montre de précision (elle aimante la curiosité du public, à l’issue du spectacle).

On est au « Chat noir », le cabaret que fréquentait le compositeur des Gymnopédies, connu aussi pour son théâtre d’ombres. Des traces de minets tachètent l’écran, puis se succèdent matous et chatons qui disparaissent dans une rosace. Pendant une heure, sur les musiques aux sonorités parfois insolites d’un piano « préparé » ou d’un piano jouet, se déroule ainsi un monde enchanté.

Au final, Louise Moaty réserve une surprise se mettant elle-même en scène pour apparaître en ombre chinoise. Avec une grâce féline, elle évolue dans le cercle lumineux. Sous les notes de la 5e Gnossienne, le chat de retour boucle la boucle en sa compagnie. Non, on n’a pas rêvé, mais on était bien ailleurs… Magique !

 Le 2 avril 2015.

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