A Deauville, le public tétanisé par « Titan »

La 19e édition du festival de Pâques de Deauville a merveilleusement commencé samedi 18 avril avec un programme austro-allemand (Webern, Wagner, Mahler) conduit de main de maître par le jeune chef Clément Mao-Takacs.

Dès l’introduction par la Passacaille de Webern, les musiciens de L’Atelier de Musique et du Secession Orchestra, ont donné toute leur ampleur. Cela n’était pas gagné en formation réduite. Encore moins sans doute pour la Symphonie n°1 de Gustav Mahler, dite « Titan ».

Suivant la réduction entreprise il y a sept ans  par Klaus Simon, Clément Mao-Takacs a su restituer la force « titanesque » de cette œuvre orchestrale, riche de variations, références et rebondissements musicaux. Son troisième mouvement est notamment célèbre par son adaptation de la comptine « Frère Jacques » et dont on entend des réminiscences dans la musique du film de « Quai des Brumes ».

Clément Mao-Takacs a littéralement galvanisé son orchestre, dont la moyenne d’âge est inversement proportionnelle à celle du public deauvillais (que ne profitent pas adolescents et jeunes adultes d’une gratuité jusqu’à 25 ans !). Il faut le voir à la fois vigoureux et rigoureux dans sa gestuelle, la main ouverte comme un « agrippe-sons » d’une générosité totale.

Ca sonne juste et puissant. Le public en est tétanisé, impeccable de silence entre les mouvements, sans une seule toux à déplorer. Du sur mesure pour William Christie ! Clément Mao-Takacs n’est pas aussi pointilleux sur ce plan mais il a tenu à rendre hommage à la qualité de l’écoute. Elle répondait à celle d’une interprétation largement ovationnée.

La soirée a été aussi marquée par la belle lecture faite par la mezzo-soprano canadienne Irina de Baghy des «  Wesendonck Lieder » de Richard Wagner. Il y a toujours des cors qui sortent du fond des bois chez Wagner. Autrement dit, ces lieder sont comme des miniatures musicales de ses opéras, avec toute une puissance contenue. Irina de Baghy est une interprète douée d’un large potentiel et dans les nuances et dans les volumes. Une nouvelle bonne surprise  pour le public du festival de Pâques, qui en promet d’autres.

Le 20 avril 2015.

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